Sorties de la semaine | 31.12.2025

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bonne année
29 décembre 2025 | Meryl Moser, directrice

BONNE ANNÉE 2026 !

Alors que 2025 s’éloigne, nous tenions à vous remercier du fond du cœur d’avoir partagé avec nous des émotions, des silences, des rires et des larmes.

Le cinéma n’est pas qu’un écran. C’est une image projetée sur une toile, qui engage le regard, l’esprit, la mémoire. Une image qui se contemple, comme un paysage ou une œuvre d’art et qui nous touche autrement que le flux lumineux et rapide des écrans du quotidien.

Voir un film en salle, c’est vivre une expérience pleine et consciente. 

On se souvient du film, mais aussi du moment : avec qui on était, du silence avant la première image, de la salle qui respire à l’unisson, de l’odeur du pop-corn dans le hall. Ces souvenirs-là s’ancrent. Ils durent.

À l’heure où tout se consomme vite et se remplace aussitôt, le cinéma en salle reste un espace rare : un lieu où l’on prend le temps, où l’on regarde vraiment, où l’émotion est partagée.

En 2026, nous vous souhaitons de continuer à faire vivre cette magie avec nous. Des films qui émerveillent, qui questionnent, qui rassemblent. Des moments suspendus, loin du bruit, proches de l’essentiel.

Toute l’équipe de Cinerive vous souhaite une magnifique année 2026 !
Merci pour votre confiance et votre présence à nos côtés en 2025.

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qui brille au combat


 

QUI BRILLE AU COMBAT

Sortie dans les salles de cinéma
Vevey

« Entre fragilité et courage, apprendre à exister. »
 
Dans Qui brille au combat, Joséphine Japy pose un regard d’une grande justesse sur une famille traversée par une épreuve silencieuse : le handicap de l’une des deux sœurs. Un handicap qui n’est jamais montré comme un simple “sujet”, mais comme une réalité quotidienne, intime, faite d’adaptations constantes, de fatigue, d’amour et parfois d’injustice.

La relation entre les deux sœurs est au cœur du film. L’une avance avec une fragilité visible, l’autre grandit à ses côtés, tiraillée entre la loyauté, la culpabilité, la jalousie parfois, et ce besoin vital d’exister pour elle-même. Le film capte avec finesse ce déséquilibre subtil : aimer sans réserve, mais porter aussi le poids d’une responsabilité trop grande pour son âge. Ici, le combat se joue dans l’ombre, loin des regards, dans les gestes du quotidien et les renoncements silencieux.

Face à elles, la mère interprétée par Mélanie Laurent, est un pilier aussi fort que fissuré. Elle incarne une femme qui tient, qui protège, qui organise, qui anticipe… mais qui s’épuise. Son rôle est bouleversant de retenue : une mère aimante, déterminée, parfois dure sans le vouloir, prise dans une tension permanente entre protéger l’enfant la plus vulnérable et ne pas oublier l’autre. Mélanie Laurent compose un personnage profondément humain, jamais idéalisé, traversé par la fatigue, la peur de mal faire, et cet amour inconditionnel qui pousse à tenir coûte que coûte.

Le film ne cherche jamais à provoquer la compassion facile. Il montre, avec pudeur, ce que le handicap impose à toute une cellule familiale : la réorganisation constante, la place que chacun doit trouver ou céder. Et surtout, il interroge ce que signifie “briller” quand on grandit dans un environnement où l’attention, par nécessité, n’est jamais équitablement répartie.

La mise en scène reste proche des corps, des visages, des silences. Joséphine Japy filme l’adolescence et la maternité sans jugement, avec une sensibilité rare. Le film parle de transmission, d’amour imparfait, de résilience, et de cette force discrète qu’il faut pour continuer à avancer quand on se sent invisible.

Qui brille au combat est un film délicat et nécessaire. Il éclaire des réalités souvent peu montrées au cinéma, sans jamais les enfermer dans un discours. Un film qui touche par sa sincérité, et qui rappelle que certains combats ne se gagnent pas mais se traversent, ensemble.

 

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SUR UN AIR DE BLUES

 

SUR UN AIR DE BLUES | SONG SUNG BLUE 

Sortie dans les salles de cinéma
Montreux | Vevey

« Deux voix cabossées, un refrain qui relève tout. »
 
Sur un air de blues a ce charme rare des films musicaux qui ne “jouent” pas l’émotion : ils la laissent monter, naturellement, comme une chanson qu’on croyait oubliée. Craig Brewer filme une histoire de secondes chances, inspirée d’un duo bien réel : deux musiciens malchanceux qui décident de se lancer dans un groupe hommage à Neil Diamond et, contre toute attente, y trouvent plus qu’un public : un cap, une complicité, une raison d’y croire à nouveau.

Le duo Hugh Jackman / Kate Hudson apporte à cette trajectoire une chaleur immédiate. On sent la fragilité derrière le sourire, la fatigue derrière la volonté, et surtout ce plaisir très simple : chanter pour se remettre debout. Le film mise sur l’authenticité et sur la présence de ses interprètes, y compris dans les performances musicales, qui donnent à l’ensemble une énergie sincère et communicative.

Ce qui fonctionne particulièrement, c’est la manière dont le film parle d’imitation sans moquerie : rendre hommage, ici, ce n’est pas se déguiser, c’est se réparer. Le récit avance entre comédie douce-amère et drame, porté par une vraie générosité et un regard bienveillant sur celles et ceux qui refusent d’abandonner leurs rêves, même cabossés.

Au final, Sur un air de blues ressemble à son titre : une mélodie mélancolique, mais portée par une lumière constante. Un film à voir comme on écoute un bon morceau : pour le frisson, pour l’élan, et pour ce rappel discret que le rêve n’a pas d’âge.

 

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INCONNU DE LA GRANDE ARCHE


 

L'INCONNU DE LA GRANDE ARCHE

Sortie dans les salles de cinéma
Vevey

« Construire l’Histoire… et disparaître derrière elle. »
 
L’Inconnu de la Grande Arche nous plonge dans les coulisses d’un monument emblématique, mais surtout dans l’histoire oubliée d’un homme resté dans l’ombre. Le film s’intéresse moins à l’architecture spectaculaire qu’à ce qu’elle dissimule : les tensions, les compromis, les rêves et les renoncements derrière une œuvre monumentale.

À travers ce récit, le film interroge la notion d’héritage et de reconnaissance. Qui signe l’Histoire ? Qui disparaît derrière les façades de verre et de béton ? Loin d’un simple portrait, le film explore la fragilité des créateurs confrontés aux logiques politiques, administratives et symboliques qui dépassent parfois leur vision initiale.

La mise en scène privilégie l’intime à l’emphase. Elle donne de l’espace aux silences, aux doutes, aux choix impossibles. L’architecture devient alors un miroir : celui d’un idéal confronté à la réalité, d’un homme pris dans une machine plus grande que lui.

L’Inconnu de la Grande Arche est un film sobre, élégant, qui parle autant de création que d’effacement. Un regard sensible sur ceux qui bâtissent sans toujours être reconnus, et sur la manière dont l’Histoire se souvient ou oublie.

Un film qui résonne longtemps, et qui invite à regarder autrement les monuments que l’on croyait connaître.

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