Sorties de la semaine | 30.09.26
L'ÎLE DES SOUVENIRS
| Vevey | Montreux | Aigle | Martigny |
« Certaines amitiés valent qu’on se batte pour ne rien oublier. »
Jo et Raissa sont meilleures amies depuis l’enfance. Mais le lycée est terminé et leurs chemins sont sur le point de se séparer. Alors qu’elles profitent de leur dernière soirée ensemble, elles découvrent un mystérieux portail qui les transporte sur Nakali, une île fantastique peuplée de créatures issues des légendes philippines qu’elles entendaient lorsqu’elles étaient petites.
Pour retrouver leur monde, elles vont devoir traverser cet univers aussi merveilleux que dangereux, accompagnées notamment de Raww, un chien-garou aussi sympathique que maladroit, et affronter la redoutable Manananggal. Mais le véritable prix du retour se révèle beaucoup plus difficile à accepter : quitter l’île pourrait leur faire perdre les souvenirs de tout ce qu’elles ont vécu ensemble.
Joel Crawford et Januel P. Mercado, l’équipe derrière Le Chat Potté 2 : La Dernière Quête, placent ainsi l’amitié au cœur d’une grande aventure fantastique. H.E.R. et Liza Soberano prêtent leurs voix à Jo et Raissa, entourées notamment de Dave Franco, Lea Salonga, Manny Jacinto, Dolly de Leon, Jenny Slate et Ronny Chieng.
Le film puise profondément dans la culture philippine. Januel P. Mercado s’est inspiré des histoires et des créatures qu’il connaissait depuis son enfance, tandis que plusieurs membres du casting ont également retrouvé des légendes transmises dans leur propre famille. La Manananggal, capable dans le folklore de séparer la partie supérieure de son corps pour voler dans la nuit, devient ici l’une des créatures centrales de Nakali.
Cette identité se retrouve jusque dans l’animation : DreamWorks mélange son animation 3D à des passages dessinés en 2D, réalisés notamment par des artistes du studio Snipple Animation aux Philippines.
Coloré, drôle et plein de créatures étonnantes, L’Île des souvenirs cache derrière son aventure une très jolie idée : grandir signifie parfois prendre des chemins différents, mais cela n’efface pas forcément tout ce que l’on a construit ensemble.
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SHAUN LE MOUTON : LA BÊÊÊTE D'HALLOWEEN
| Vevey | Montreux | Aigle | Monthey | Martigny | Orbe | La Sarraz |
« Cette année, Halloween risque d’être complètement bêêêzarre. »
À la ferme de Mossy Bottom, tout le monde se prépare à fêter Halloween. Mais lorsque le Fermier détruit accidentellement le précieux champ de citrouilles du troupeau, Shaun décide de prendre les choses en main. Son idée ? Se transformer en savant fou pour tenter de réparer la catastrophe. Évidemment, rien ne va se passer comme prévu.
Très vite, le Fermier disparaît et une mystérieuse créature poilue commence à rôder dans les bois de Mossingham. Shaun, Bitzer et toute la bande vont devoir comprendre ce qui se passe avant que la soirée d’Halloween ne tourne définitivement au cauchemar.
Steve Cox et Matthew Walker retrouvent tout ce qui fait le charme de Shaun le mouton : très peu de dialogues, énormément d’humour visuel, des catastrophes en chaîne et des personnages capables de raconter beaucoup de choses avec un simple regard. Cette fois, Aardman s’amuse avec les codes des vieux films de monstres, des savants fous et du cinéma d’horreur, mais dans une version pensée pour faire rire les enfants bien plus que pour leur faire peur.
Le film est toujours réalisé en stop-motion, image par image, avec les véritables marionnettes et décors qui font la signature du studio Aardman. Il marque aussi la troisième aventure de Shaun au cinéma après Shaun le mouton, le film et Farmageddon.
Et pour accompagner ce nouvel épisode, le célèbre thème Life’s A Treat revient dans une nouvelle version signée Rizzle Kicks, qui avait déjà retravaillé la chanson pour le premier film en 2015.
Une aventure d’Halloween drôle, inventive et délicieusement monstrueuse, parfaite pour frissonner juste ce qu’il faut en famille.
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DIGGER
| Vevey | Monthey | Orbe |
« Quand l’homme le plus puissant du monde se prend pour son sauveur. »
Digger Rockwell est un magnat du pétrole richissime, excentrique et persuadé que rien ne peut vraiment lui résister. Jusqu’au jour où une décision prise par son entreprise déclenche une catastrophe écologique dont les conséquences menacent de devenir incontrôlables. Face au désastre qu’il a lui-même contribué à provoquer, Digger se lance alors dans une mission frénétique pour convaincre le monde qu’une seule personne peut encore arranger les choses : lui.
Alejandro G. Iñárritu transforme cette course contre la montre en une immense satire sur le pouvoir, l’ego et cette étrange capacité qu’ont certains hommes à se présenter comme la solution d’un problème qu’ils ont eux-mêmes créé. Le film navigue ainsi entre comédie noire, catastrophe et absurdité politique, avec un personnage principal aussi inquiétant que grotesque.
Et pour une fois, difficile de reconnaître Tom Cruise au premier regard. Cheveux gris, visage transformé par des prothèses, silhouette épaissie, accent du Sud des États-Unis : l’acteur s’éloigne radicalement de l’image d’Ethan Hunt. Riz Ahmed, Sandra Hüller, John Goodman, Michael Stuhlbarg et Jesse Plemons l’accompagnent dans cette galerie de personnages pris dans un monde qui menace littéralement de leur échapper.
La transformation de Tom Cruise demandait initialement près de six heures de maquillage. Fidèle à sa réputation, l’acteur a commencé à chronométrer chaque étape avec l’équipe jusqu’à faire descendre le processus à moins d’une heure. Une métamorphose qui ne concerne d’ailleurs pas seulement son apparence : plusieurs de ses partenaires ont souligné à quel point sa voix, sa démarche et toute sa façon de se déplacer avaient été travaillées pour faire disparaître Tom Cruise derrière Digger Rockwell.
Iñárritu retrouve également son directeur de la photographie Emmanuel Lubezki, avec qui il avait notamment collaboré sur Birdman et The Revenant. Le film a été entièrement tourné en VistaVision avec des objectifs spécialement conçus pour le projet, donnant à cette histoire volontairement démesurée une identité visuelle tout aussi ambitieuse.
Digger semble surtout offrir quelque chose que l’on voit assez rarement chez Tom Cruise : le plaisir de le regarder abandonner complètement le héros qu’il maîtrise depuis des années pour devenir un personnage excessif, ridicule, puissant et profondément imprévisible.
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VERITY
| Vevey | Montreux | Aigle | Martigny | La Sarraz |
« Plus elle découvre la vérité, moins elle sait à quoi croire. »
Lowen Ashleigh peine à vivre de son écriture lorsqu’une proposition inattendue lui est faite : terminer la célèbre série de romans de Verity Crawford, une autrice à succès désormais incapable de poursuivre son travail après un mystérieux accident. Pour consulter ses notes et ses manuscrits, Lowen s’installe dans la maison familiale auprès de Verity et de son mari Jeremy.
En fouillant dans les documents laissés par l’écrivaine, elle découvre un texte qui n’était manifestement pas destiné à être publié. Une sorte d’autobiographie dans laquelle Verity livre des confessions particulièrement troublantes sur son couple, ses enfants et les drames qui ont frappé sa famille.
À mesure que Lowen poursuit sa lecture, quelque chose devient de plus en plus difficile à déterminer : est-elle face à une confession réelle, à une œuvre de fiction ou à une manipulation beaucoup plus complexe ? Sa proximité grandissante avec Jeremy ne fait qu’ajouter une nouvelle tension à une situation déjà inquiétante.
Dakota Johnson, Anne Hathaway et Josh Hartnett forment le trio central de ce thriller psychologique réalisé par Michael Showalter. Le film joue avec l’attirance, l’obsession et la méfiance en enfermant ses personnages dans une maison où chacun semble cacher quelque chose.
Le roman de Colleen Hoover avait connu un parcours assez inhabituel. Publié initialement de manière indépendante en 2018, Verity s’est progressivement imposé grâce au bouche-à-oreille avant de devenir un immense succès international. Son mélange de romance, de thriller et de récit psychologique en a aussi fait l’un des livres les plus sombres de l’autrice.
Une histoire où chaque découverte semble apporter une réponse… avant de faire naître une nouvelle question. Et où la personne la plus inquiétante n’est peut-être jamais celle que l’on croit.
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AH QUE LE BONHEUR EST PROCHE !
| Vevey |
« Quand Don Quichotte commence à déborder de la scène. »
Jean-Luc, comédien d’environ 80 ans, obtient enfin le rôle dont il rêvait : Don Quichotte, dans une prestigieuse adaptation théâtrale qui doit marquer ses adieux à la scène. Mais les répétitions deviennent de plus en plus difficiles. Trous de mémoire, vertiges et hallucinations commencent à fragiliser l’acteur, qui tente malgré tout de cacher ses difficultés à son entourage.
Lorsque la production décide d’engager une doublure pour anticiper une éventuelle défaillance, Jean-Luc le vit comme une menace. Peu à peu, l’idée que cet autre homme puisse lui prendre son rôle devient une véritable obsession. Et comme chez Cervantès, la frontière entre le réel, l’imaginaire et ce que le personnage choisit de croire devient de plus en plus incertaine.
François-Christophe Marzal confie le rôle principal à Jean-Luc Bideau, entouré notamment de Gilles Privat, Aurore Clément, Isabelle Caillat et Roland Vouilloz. Le choix de Bideau donne au film une dimension très particulière : l’acteur porte son propre prénom, joue un comédien âgé confronté à la possibilité de quitter la scène et interprète cette histoire au moment même où sa propre carrière est célébrée.
Le film a d’ailleurs été présenté au Festival de Locarno 2026, année où Jean-Luc Bideau a reçu un Pardo d’onore pour l’ensemble de sa carrière. Difficile dès lors de ne pas sentir un jeu permanent entre le personnage et celui qui l’incarne, entre fiction et réalité.
En seulement 70 minutes, Ah que le bonheur est proche ! mêle comédie, fragilité et vertige autour d’une peur finalement très universelle : celle de devenir remplaçable, de perdre sa place et de devoir accepter que le monde continue sans nous.
Un film suisse tendre, étrange et parfois drôle, porté par un Jean-Luc Bideau qui semble s’amuser autant qu’il se confronte à ce que signifie continuer à jouer lorsque le temps commence lui aussi à vouloir entrer en scène.
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PILOTES DES GLACIERS
| Martigny |
« Quand les Alpes semblaient encore impossibles à secourir, ils ont décidé d’y atterrir. »
Bien avant les moyens de sauvetage que nous connaissons aujourd’hui, intervenir en haute montagne relevait parfois de l’impossible. Hermann Geiger, Fernand Martignoni et Bruno Bagnoud ont pourtant consacré leur vie à repousser ces limites, avec une idée simple : pouvoir atteindre ceux que la montagne mettait en danger.
Réalisé par Raphaël Blanc, Pilotes des glaciers revient sur le parcours de ces trois pionniers valaisans qui ont profondément marqué l’histoire de l’aviation alpine. À travers leurs exploits, leurs sauvetages et leur engagement, le documentaire raconte aussi une époque où il fallait inventer des techniques, prendre des risques considérables et apprendre à voler dans un environnement où presque rien n’avait encore été balisé.
Hermann Geiger reste l’une des figures emblématiques de cette aventure. Dès les années 1950, il développe les atterrissages sur glaciers avec des avions équipés de skis, ouvrant de nouvelles possibilités pour le secours en montagne. Fernand Martignoni poursuivra cette voie et participera à la création d’Air-Glaciers, aux côtés de Bruno Bagnoud, qui dirigera la compagnie pendant plus de cinquante-cinq ans.
Mais derrière les prouesses techniques, le film s’intéresse surtout aux hommes et à la mission qui les réunissait : sauver des vies et rester au service de la montagne. Leur histoire accompagne ainsi toute une transformation du Valais, de l’aviation alpine et de la manière dont le secours en montagne s’est progressivement organisé.
Pour nous, en Suisse romande et particulièrement en Valais, Pilotes des glaciers possède forcément une résonance particulière. C’est à la fois un morceau de notre histoire, une aventure humaine et le portrait de trois hommes qui ont regardé les sommets non pas comme une frontière, mais comme un endroit où il fallait apprendre à aller chercher les autres.
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