Sorties de la semaine du 02.10.2024


JOKER : FOLIE À DEUX
Sortie dans les salles de cinéma d'Aigle, La Sarraz, Martigny, Monthey, Montreux et Vevey
"Joker : Folie à Deux", signé par Todd Phillips, nous promet une suite envoûtante et psychologiquement intense à l'iconique "Joker" de 2019. Cette fois, Joaquin Phoenix revient, s'entourant d'une Lady Gaga en Harley Quinn, pour former un duo explosif qui explore la folie, l'amour et la destruction, dans un Gotham sombre et étouffant. Ce film mélange les genres avec audace : action, drame, et une bonne dose de romance chaotique.
Dès les premières images, "Joker : Folie à Deux" s'annonce comme un spectacle unique, presque théâtral, avec un côté musical apporté par Lady Gaga, qui incarne une Harley à la fois vulnérable et dangereusement séduisante. Le réalisateur joue sur cette alchimie pour offrir un ballet de violences psychologiques et d’intensité émotionnelle. Le film promet de nous plonger encore plus profondément dans la spirale de folie des deux personnages, créant une symphonie de chaos, sublimée par des moments musicaux qui traduisent la déconnexion de la réalité.
Les critiques internationales ont salué le duo Phoenix-Gaga, parlant d'une "alchimie envoûtante qui magnifie chaque scène". Le New York Times a souligné la qualité de la mise en scène, la décrivant comme "une danse aussi belle que déstabilisante entre l'amour et la destruction". D'un autre côté, Variety note que la bande-son, en grande partie interprétée par Gaga, donne au film une dimension supplémentaire qui le distingue du premier opus.
La tension palpable, les performances magistrales et la mise en scène puissante de Todd Phillips font de cette suite un film à ne pas manquer, un voyage perturbant mais fascinant dans les méandres de l'esprit humain. Les fans du premier "Joker" retrouveront ici toute l'intensité, accompagnée cette fois-ci d'une note tragiquement romantique.

L'HEUREUSE ÉLUE
Sortie dans les salles de cinéma d'Aigle et Montreux
Le dernier film de Frank Bellocq, nous plonge dans une comédie romantique pleine de rebondissements et de tendresse.
Camille Lellouche incarne une jeune femme qui, du jour au lendemain, devient l'héroïne d'une histoire de cœur improbable. Lorsque son nom sort lors d'une loterie un peu spéciale, elle se retrouve propulsée sous les feux des projecteurs avec un inconnu (incarné par Lionel Erdogan), prêt à la convaincre qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Leurs différences mèneront à des situations hilarantes, portées par une écriture fine et beaucoup d’humour.
Avec Michèle Laroque qui endosse le rôle d'une marieuse expérimentée et quelque peu excentrique, "L'Heureuse Élue" s'amuse à dépeindre les contrastes entre le destin et le libre arbitre dans l'amour. Les critiques ont souligné la performance pétillante de Camille Lellouche, qui donne vie à son personnage avec beaucoup de sincérité et de malice. On retrouve également cette capacité de Frank Bellocq à mélanger des moments d’émotion pure et des situations comiques sans jamais perdre le fil du récit.
Un film parfait pour ceux qui cherchent une comédie légère et pleine de chaleur humaine, où les personnages nous rappellent que l'amour peut parfois être une loterie, mais c'est bien ce qui en fait le charme. Comme le souligne Le Parisien, "L'Heureuse Elue" est une bouffée d'air frais, un véritable feel-good movie qui nous rappelle que l'amour est souvent plus proche qu'on ne le pense, même lorsqu'on ne l'attend pas".

QUAND VIENT L'AUTOMNE
Sortie dans les salles de cinéma d'Orbe et Vevey
Le nouveau film poétique de François Ozon nous plonge dans une histoire délicate et pleine d'émotion, portée par un casting éblouissant. Le réalisateur, fidèle à son exploration des relations humaines dans toute leur complexité, nous livre ici un drame familial qui s’articule autour des secrets et des retrouvailles. Hélène Vincent, Josiane Balasko, et Ludivine Sagnier forment un trio d'actrices qui illuminent l'écran par leur talent et leur capacité à incarner des personnages profondément humains et vulnérables.
Dans cette œuvre, Ozon explore le passage du temps, la nostalgie, et les blessures du passé qui resurgissent lorsque les feuilles commencent à tomber. Le film nous transporte à l'automne, saison des bilans et des transformations, un moment où les vérités longtemps enfouies émergent enfin. Le cadre rural, avec ses paysages mélancoliques et ses lumières dorées, apporte une atmosphère propice à cette introspection collective.
Les critiques ont déjà souligné la beauté visuelle du film ainsi que sa capacité à capter l’essence même de la famille et de ses non-dits. "Quand vient l'automne" est un portrait émouvant et sincère des relations mère-fille, avec une Josiane Balasko et une Hélène Vincent au sommet de leur art. Comme le note Le Monde, "Ozon parvient à faire de cette saison un personnage à part entière, reflétant les tourments et les espoirs de ses protagonistes". Ludivine Sagnier, quant à elle, apporte une fraîcheur et une intensité qui contrastent avec la sagesse des générations précédentes, créant un équilibre subtil.
François Ozon, avec sa signature habituelle de mélancolie douce-amère et de moments d'humour décalés, offre un récit qui parlera à tous ceux qui ont connu la difficulté de faire la paix avec leur passé.

LOOK BACK
Sortie dans les salles de cinéma d'Orbe et Vevey
Le dernier film d'animation de Kiyotaka Oshiyama, est une plongée introspective dans les méandres de la jeunesse, de l'amitié et du passage à l'âge adulte. Adapté du manga à succès de Tatsuki Fujimoto, ce film se penche sur la vie de deux jeunes filles, Fujino et Kyomoto, qui, malgré leurs différences, se trouvent liées par une passion commune pour le dessin. L’histoire nous emmène dans leur quotidien alors qu’elles explorent les émotions complexes de la rivalité, de l'admiration et du lien indéfectible qui se développe entre elles.
Kiyotaka Oshiyama sublime ce récit avec une animation magnifique qui rappelle le style poétique et onirique du Studio Ghibli, tout en y ajoutant une touche plus contemporaine et personnelle. Les critiques saluent la beauté visuelle du film, mais aussi la profondeur émotionnelle qui en émane. Le duo vocal formé par Yumi Kawai et Mizuki Yoshida offre une prestation pleine de sincérité, ajoutant une authenticité touchante aux personnages de Fujino et Kyomoto.
Ce film est une ode à la création artistique, à la puissance des rêves d’enfance, mais aussi à la douleur de grandir et de s’adapter à un monde en constante évolution. Look Back traite subtilement de la perte, du regret, et des chemins non empruntés, tout en insufflant de l'espoir et du réconfort. Une véritable pépite qui réussit à toucher le cœur sans jamais tomber dans le pathos, rappelant à quel point l'art et l'amitié peuvent être des refuges face à l'adversité.

SOPHIE LAVAUD : LE DERNIER SOMMET
Sortie dans les salles de cinéma d'Orbe
Ce documentaire nous emmène dans l’univers fascinant et redoutable de l’alpinisme extrême, suivant Lavaud dans son ascension des plus hauts sommets du monde. Après avoir conquis treize sommets de plus de 8000 mètres, elle s’apprête à gravir son dernier, un défi qui représente à la fois un aboutissement personnel et un hommage à la nature indomptable.
Le film, réalisé par Stéphane Schaffter, met en lumière les prouesses physiques et mentales de Sophie Lavaud, tout en offrant des images spectaculaires des montagnes les plus impressionnantes de la planète.
Au-delà de l’aventure, le film explore des thématiques profondes comme la persévérance, l'humilité face à la nature, et la quête de sens dans des environnements hostiles.
À travers des séquences poignantes, on découvre les difficultés, mais aussi la beauté et la spiritualité qui accompagnent chaque ascension. Sophie Lavaud apparaît comme une figure d’inspiration pour tous, incarnant le courage et la détermination dans des défis hors du commun.

PRISONNIERS DU DESTIN
Sortie dans les salles de cinéma de Martigny et Vevey
"Prisonniers du Destin" est un documentaire profondément émouvant qui plonge dans les réalités souvent méconnues des demandeurs d'asile, originaires d'Afghanistan et d'Iran, qui tentent de reconstruire leur vie en Suisse. Réalisé par Mehdi Sahebi, lui-même réfugié iranien arrivé en Suisse dans les années 1980, le film offre une perspective intime et unique sur les épreuves que traversent ces hommes et ces femmes, non seulement face à la rigidité du système d'asile, mais aussi dans leur lutte quotidienne contre les traumatismes de leur passé.
Le film suit plusieurs protagonistes, notamment Sanam, qui a été arrachée à son plus jeune fils, Mahmad, un déserteur du régime iranien, Ezat, tourmenté par l'inquiétude pour sa mère restée au pays, et Omid, un adolescent en proie à une nostalgie déchirante. Malgré les obstacles insurmontables et le poids du passé, ces réfugiés trouvent encore des raisons d'espérer, grâce à la solidarité, l'amitié et parfois, un humour salvateur. Le documentaire pose une question fondamentale : sommes-nous maîtres de notre destin ou en sommes-nous les prisonniers ?
Présenté en avant-première à la Semaine de la Critique du Festival de Locarno, où Mehdi Sahebi avait déjà remporté le Grand Prix avec son précédent film Le Temps des Adieux, "Prisonniers du Destin" a de nouveau captivé le public par sa sincérité et sa profondeur. Le film a par ailleurs été nominé pour le prestigieux prix du Meilleur Documentaire au Prix du cinéma suisse 2024, soulignant son impact et la force de son message.
Sahebi, en s'attachant aux histoires personnelles de ses protagonistes, crée une proximité émotionnelle qui transcende les frontières culturelles et géographiques, rappelant l'humanité commune que nous partageons tous. Ce film est un hommage poignant à la résilience humaine, un témoignage de courage face à l'adversité, et une réflexion sur le concept même de destin.

TATAMI
Sortie dans les salles de cinéma de Martigny, Orbe et Vevey
"Tatami", réalisé par Zar Amir Ebrahimi et Guy Nattiv, est un film puissant qui mêle habilement sport et politique. Ce film est une véritable œuvre de résistance, plongeant le spectateur dans le dilemme moral d’une athlète iranienne. Inspiré de faits réels et des luttes actuelles des femmes iraniennes, le film a une résonance forte dans le contexte des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini.
Leila, incarnée brillamment par Arienne Mandi, est une judoka iranienne en quête de la première médaille d’or de son pays lors des championnats du monde de judo à Tbilissi, en Géorgie. Alors qu’elle approche de la victoire, le régime iranien lui ordonne de feindre une blessure pour éviter d’affronter une adversaire israélienne. Ce choix imposé la place face à un dilemme profond : doit-elle obéir à son gouvernement ou lutter pour ses principes, malgré les risques pour elle et sa famille ? Ce dilemme fait écho à des histoires d’athlètes iraniennes, telles que Sadaf Khadem, boxeuse réfugiée en France, ou Elnaz Rekabi, grimpeuse ayant défié les normes du régime iranien.
La tension qui traverse chaque scène est amplifiée par une mise en scène oppressante. Le noir et blanc utilisé renforce le sentiment d’enfermement de Leila, prisonnière d’une situation qui dépasse le cadre sportif. Les scènes de judo, chorégraphiées avec soin, rendent palpable l’intensité des combats, tandis que la performance d'Arienne Mandi, fruit d’un entraînement avec des champions du monde, contribue à la crédibilité et à la puissance du film.
Zar Amir Ebrahimi, qui joue également le rôle de Maryam, l'entraîneuse de Leila, apporte une sensibilité particulière à son personnage. Derrière une apparente soumission aux exigences du régime, Maryam révèle une profondeur inattendue, créant un contraste fascinant avec la fougue de Leila. Leur relation incarne la lutte entre la résignation et la quête de liberté.
L’authenticité du film est renforcée par le choix du lieu de tournage. Le stade soviétique de Tbilissi, avec son imposant dôme doré, reflète parfaitement la pression politique et sociale qui pèse sur les personnages. Cette atmosphère, combinée à la tension des scènes de compétition, fait de Tatami un huis clos oppressant, tout en étant un vibrant plaidoyer pour l’autodétermination et la liberté.
Ce qui rend "Tatami" encore plus percutant à mes yeux, c’est la manière dont le film résonne avec l’actualité, notamment les luttes des femmes iraniennes pour leur liberté. Le film a été tourné pendant les manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini, et cela se ressent profondément dans le récit. Cette dimension historique et politique confère au film une urgence et une pertinence qui m’ont profondément touché.
Les critiques saluent unanimement ce thriller politique brûlant et ce drame sportif captivant. Comparé à des films comme Raging Bull pour l’intensité de ses scènes de combat, "Tatami" a été acclamé dans des festivals comme ceux de Venise et de Tokyo. CinemaTeaser le décrit comme "l'un des films de sport les plus galvanisants depuis des années", tandis que Ecran Large loue son équilibre entre huis clos et drame engagé.
Le fait que "Tatami" soit co-réalisé par une Iranienne et un Israélien est également significatif. Cette collaboration historique donne au film une dimension supplémentaire, un appel à la liberté qui dépasse les frontières et les conflits nationaux. Les critiques que j’ai lues après la séance ne m’ont pas surpris : le film est unanimement salué pour sa capacité à équilibrer le drame intime et la dénonciation politique. Les performances d'Arienne Mandi et Zar Amir Ebrahimi sont régulièrement mises en avant, et à juste titre.
"Tatami" est une œuvre poignante, ancrée dans la réalité des luttes des femmes iraniennes pour leur liberté.
À travers la performance magistrale de ses actrices et la mise en scène méticuleuse, "Tatami" devient un cri du cœur pour l’autodétermination, un hommage à celles qui résistent chaque jour à l’oppression.
C’est un film que je recommande vivement, non seulement pour la force de son histoire, mais aussi pour le message d’espoir et de résistance qu’il porte.

CITY OF WIND (UN JEUNE CHAMAN)
Sortie dans les salles de cinéma de Vevey
"Un jeune chaman - City of Wind", de la réalisatrice mongole Lkhagvadulam Purev-Ochir, est un film empreint de spiritualité et de mysticisme, avec un regard intime sur la jeunesse mongole contemporaine.
Le jeune Tergel Bold-Erdene incarne Ze, un adolescent appelé à devenir chaman, un rôle qui le confronte à des questions identitaires et spirituelles profondes. À travers des paysages vastes et majestueux, la réalisatrice tisse une histoire où le modernisme se heurte aux traditions ancestrales.
L'intrigue se déploie dans une Mongolie en pleine mutation, où les jeunes sont souvent pris entre deux mondes : celui de la ville moderne, avec ses distractions et ses promesses, et celui des coutumes anciennes, plus enraciné dans la terre et l'âme. Ze, confronté à ses dons de chaman et à la découverte de ses capacités, vit ce dilemme de manière poignante.
Nomin-Erdene Ariunbyamba, qui incarne sa partenaire à l’écran, offre également une performance saisissante. Ensemble, ils portent une histoire empreinte de silence, d’introspection et de tension intérieure, soutenue par des images puissantes qui rendent hommage aux paysages mongols.
Le film a été salué pour sa sensibilité et sa poésie visuelle, un style qui se rapproche des œuvres contemplatives de cinéastes comme Apichatpong Weerasethakul ou Carlos Reygadas. Purev-Ochir y explore les thèmes de l'appartenance, de l'héritage et des pressions sociétales, tout en gardant une subtilité captivante dans la narration.
Ce long-métrage, qui est une réflexion profonde sur le rôle des chamans dans la Mongolie moderne, interroge la manière dont les jeunes peuvent s’approprier ces traditions tout en évoluant dans un monde de plus en plus globalisé. "City of Wind" a fait sensation dans les festivals internationaux, soulignant la montée en puissance du cinéma mongol sur la scène mondiale.

INESTIMABLES FORÊTS
Sortie dans les salles de cinéma d'Orbe et Martigny
Le film nous plonge au cœur des forêts locales suisses et de leur gestion durable de plus de 150 ans, avec les personnes qui les font vivre au quotidien. Petit à petit, le film montre les limites de cet exemple idéal en le confrontant aux besoins de ses citoyens, qui impactent d'autres forêts comme l'Amazonie.
Un regard critique, qui relie le local au global et remet en cause les valeurs et les certitudes occidentales face à l'urgence de préserver ce trésor de notre planète.

LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE
Sortie dans les salles de cinéma de Martigny
Dans "Les Graines du Figuier Sauvage", Mohammad Rasoulof nous plonge à nouveau dans une œuvre puissante, ancrée dans la réalité de son pays. Le film, empreint de poésie et de mélancolie, explore avec une acuité rare les dilemmes moraux et les conséquences des choix individuels sous un régime oppressif. Comme toujours, Mohammad Rasoulof réussit à mêler subtilement la beauté des images à l’intensité des enjeux sociaux et politiques.
C’est l’histoire d’hommes et de femmes pris dans le tourbillon des événements, cherchant à s’émanciper malgré les chaînes invisibles qui les retiennent. Chaque personnage devient une métaphore vivante de la résistance intérieure face à l’injustice, une graine prête à éclore même dans le sol le plus aride.
Les critiques ont salué la capacité de Mohammad Rasoulof à créer une tension palpable tout en restant fidèle à son style cinématographique si personnel, mélange de sobriété visuelle et d'émotion contenue. "Les Graines du Figuier Sauvage" nous rappelle que l’espoir peut naître même dans les situations les plus désespérées, et que la quête de liberté ne connaît pas de limites.
Un film incontournable pour ceux qui cherchent un cinéma qui fait réfléchir, qui émeut, et qui rappelle à quel point l’art peut être une forme de rébellion en soi.