Sorties de la semaine du 11.09.2024


LE PROCÈS DU CHIEN
Sortie dans les salles de cinéma de Vevey
Une comédie burlesque sur la justice et l'écologie
"Le Procès du chien", réalisé par Laetitia Dosch, est une comédie à la fois drôle, absurde et profondément humaine qui soulève des questions de société à travers une intrigue hors du commun.
Laetitia Dosch, qui fait ici ses premiers pas derrière la caméra, explore à travers ce film des thématiques qui lui tiennent à cœur, notamment notre rapport aux animaux et à la nature, ainsi que les normes imposées par la société. Avec son humour décalé et ses personnages hauts en couleur, "Le Procès du chien" questionne la manière dont la loi traite les êtres non humains et critique les absurdités de notre monde moderne.
Le film, inspiré de faits réels, s'intéresse à un procès qui a secoué toute une ville et résonne avec les débats contemporains sur les droits des animaux et la justice écologique. À travers le personnage d'Avril, interprété par Dosch elle-même, et le maître malvoyant du chien, joué par François Damiens, le film met en lumière des individus marginalisés, tous enfermés dans des rôles qu'ils n'ont pas choisis.
Présenté dans la sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes 2024, "Le Procès du chien" a été salué pour son mélange audacieux de comédie burlesque, de satire sociale et de moments profondément humains. Dosch a réussi à créer un film où l'absurde côtoie la gravité, sans jamais perdre de vue les vérités qu'elle souhaite mettre en avant.
Pour son premier long-métrage, Laetitia Dosch voulait une comédie qui bouscule les codes, où chaque scène surprend le spectateur par ses changements de ton. Après avoir travaillé avec un cheval dans son spectacle Hate, Dosch continue son exploration des rapports entre les humains et les animaux à travers cette fable moderne. Son approche cinématographique est à la fois ancrée dans la réalité et teintée d'éléments de conte, rendant "Le Procès du chien" aussi unique qu'intrigant.
Avec François Damiens, Anne Dorval et Jean-Pascal Zadi, Le Procès du chien réunit un casting qui parvient à faire ressortir tout le burlesque et la subtilité de cette histoire hors du commun. Laetitia Dosch, en tant que réalisatrice et actrice principale, se révèle aussi brillante dans la comédie que dans la direction de ses comédiens. Chaque personnage apporte une tonalité différente au film, renforçant son caractère choral.

LE FIL
Sortie dans les salles de cinéma d'Orbe
La justice humaine peut souvent être plus fragile qu'elle n'y paraît.Un thriller judiciaire émouvant sur la quête de vérité.
“Le Fil”, réalisé par Daniel Auteuil, est un drame judiciaire qui explore la fragilité humaine et la recherche complexe de la vérité à travers un procès tendu.
Inspiré par le blog du célèbre avocat Jean-Yves Moyart, alias Maître Mô, “Le Fil” trouve ses racines dans des histoires vraies d'injustice et d'humanité, racontées à travers le regard des avocats de la défense. Daniel Auteuil, séduit par la profondeur des récits et par la réflexion sur la notion subjective de vérité, a décidé de porter à l'écran l'une des affaires les plus marquantes de ce blog, celle de Nicolas Milik.
Six ans après son dernier film, “Amoureux de ma femme”, Daniel Auteuil revient à la réalisation avec ce film profondément personnel. Auteuil, qui incarne également l'avocat Jean Monier, raconte s'être immergé dans le monde des prétoires pour capter toute la tension et l'humanité d'un procès. Il a eu l'occasion d'assister à un procès similaire à huis clos, une expérience qui l'a profondément marqué et a influencé la mise en scène réaliste et poignante du film.
Aux côtés de Daniel Auteuil, ”Le Fil” met en lumière l'acteur Grégory Gadebois dans le rôle de Nicolas Milik, un personnage complexe, à la fois robuste et vulnérable. Auteuil a immédiatement pensé à Gadebois pour ce rôle, en raison de sa capacité à incarner un homme perdu, incompris et fragile face à un système judiciaire implacable. Le film explore la relation intense entre l'avocat Monier et son client Milik, où la vérité devient une conviction intime, loin d'être absolue.
Daniel Auteuil montre les silences, les doutes, et les regards échangés dans un tribunal. La tension est omniprésente, mais loin d'être spectaculaire : elle est humaine, fragilisée par les incertitudes de chacun. Pour capter cette atmosphère, Auteuil s'est entouré du directeur de la photographie Jean-François Hensgens, qui avait travaillé avec lui sur “Un silence”. Ensemble, ils ont opté pour une mise en scène immersive, où la caméra s'attarde sur les moindres expressions des protagonistes, révélant des vérités invisibles.
Le Fil a été présenté en Séance Spéciale au Festival de Cannes 2024, marquant un retour triomphal de Daniel Auteuil sur la Croisette, où il avait déjà été largement acclamé en tant qu'acteur et réalisateur.

BEETLEJUICE BEETLEJUICE
Sortie dans les salles de cinéma d'Aigle, La Sarraz, Martigny, Monthey, Montreux et Vevey
“Beetlejuice Beetlejuice” marque le retour tant attendu de l'univers déjanté et gothique de Tim Burton, 36 ans après le premier opus qui a solidifié la carrière du réalisateur. Cette suite replonge les spectateurs dans l'étrange et macabre petite ville de Winter River, où la famille Deetz revient après une tragédie. Toujours hantée par le souvenir de Beetlejuice, Lydia (incarnée à nouveau par Winona Ryder) voit sa vie bouleversée lorsque sa fille, Astrid, une adolescente rebelle, ouvre accidentellement un portail vers l'Au-delà, déclenchant un chaos surnaturel.
Le film retrouve l'esprit unique du premier volet en ramenant Michael Keaton dans le rôle emblématique de Beetlejuice, le bio-exorciste farceur. À leurs côtés, Catherine O'Hara reprend son rôle de Delia Deetz, et de nouveaux venus comme Jenna Ortega, qui a déjà travaillé avec Burton sur la série Mercredi, Monica Bellucci, Danny DeVito, Willem Dafoe, et Justin Theroux rejoignent l'aventure, apportant une fraîcheur à cette suite tout en respectant l'héritage du premier film.
“Beetlejuice Beetlejuice” reste fidèle à l'esthétique artisanale et aux effets spéciaux traditionnels qui ont fait le succès du premier film. Tim Burton, avec l'aide de Michael Keaton, a veillé à ce que ce nouvel opus conserve le même charme "carton-pâte" et les effets pratiques qui rendent l'univers de Beetlejuice si distinctif et intemporel.
L'histoire de cette suite n'est pas seulement un retour à un monde aimé, mais aussi une exploration de nouveaux thèmes et personnages, tout en rendant hommage à l'original. On retrouve cette attention aux détails dès l'affiche du film, qui fait référence à la scène finale du premier Beetlejuice, où le personnage attend dans l'antichambre du monde des morts, un clin d'œil qui n'échappera pas aux fans de la première heure.
Tim Burton prouve avec “Beetlejuice Beetlejuice” qu'il n'a pas perdu sa capacité à créer des univers où l'étrange et l'humour se rencontrent de manière brillante. Bien que ce film ne révolutionne pas son œuvre, il rappelle aux spectateurs pourquoi le réalisateur est devenu une icône du cinéma fantastique. Avec une distribution en grande forme et une réalisation fidèle à l'esprit de l'original, “Beetlejuice Beetlejuice” est sans aucun doute l'un des films les plus divertissants et réjouissants de Burton depuis des années.

PAOLO CONTE ALLA SCALA : IL MAESTRO È NELL'ANIMA
Sortie dans les salles de cinéma de Vevey
Paolo Conte Alla Scala est une immersion dans l’univers raffiné et poétique de l’un des plus grands chanteurs et compositeurs italiens, Paolo Conte.
Ce documentaire musical nous emmène au cœur d’une performance unique à la mythique Scala de Milan, où Conte, entouré de son orchestre fidèle, revisite ses plus grands succès et quelques raretés pour le plus grand plaisir de ses fans.
La beauté de ce film réside dans sa capacité à capturer non seulement l’essence musicale de Conte, mais aussi son charisme et son élégance légendaires. Chaque chanson est une histoire, chaque note une émotion.
Le film alterne entre moments de grâce sur scène et séquences plus intimes où le Maestro se livre sur son art, sa carrière et sa vision de la musique. Le tout est sublimé par la mise en scène délicate de Giorgio Verdelli, qui parvient à retranscrire l’âme et la profondeur de l’artiste.
Le cadre somptueux de la Scala de Milan ajoute une dimension presque sacrée à cette célébration musicale. On y ressent tout le poids de l’histoire de ce lieu emblématique, qui se marie à la perfection avec les mélodies intemporelles de Conte. Pour les amateurs de musique et les fans de Paolo Conte, ce film est une véritable offrande, un moment de pure poésie capturé sur grand écran.

REINAS
Sortie dans les salles de cinéma de Monthey
“Reinas”, le dernier film de Klaudia Reynicke, nous transporte dans le Pérou de l'été 1992, une période marquée par des bouleversements sociaux et politiques. Le film raconte l'histoire d'Elena et de ses deux filles, Lucia et Aurora, alors qu'elles se préparent à quitter leur pays natal pour les États-Unis. Ce départ imminent est source de sentiments ambivalents pour ces trois femmes, qui doivent affronter la douleur de la séparation d'avec leur pays, leurs proches, et surtout Carlos, le père et ex-mari, un homme à la fois excentrique et attachant qui tente de renouer les liens avec ses filles à l'approche de leur départ.
Klaudia Reynicke, réalisatrice helvético-péruvienne, puise dans sa propre histoire familiale pour tisser ce récit à la fois intime et universel. Reinas explore avec sensibilité les dilemmes auxquels sont confrontés les familles en exil, entre l'espoir d'un avenir meilleur et le déchirement de laisser derrière soi tout ce qu'on a connu. Les relations complexes entre les personnages sont dépeintes avec une finesse qui témoigne du talent de Reynicke à capturer les nuances des émotions humaines.
Le film a été récompensé au Festival du film international de Berlin, où il a séduit par son authenticité, son traitement visuel et la profondeur de ses personnages. La performance des actrices, notamment celle de Katia Condos, dans le rôle d'Elena, a été saluée pour sa justesse et son intensité.
“Reinas” est une œuvre touchante qui aborde des thèmes universels tels que l'identité, le déracinement et la quête de soi. À travers l'histoire de cette famille, Klaudia Reynicke nous rappelle avec une tendre mélancolie que partir, c'est aussi un peu rester.

EAT THE NIGHT
Sortie dans les salles de cinéma de Martigny
Eat the Night est un thriller audacieux qui entremêle habilement la réalité et le monde virtuel pour explorer les thèmes de l'évasion, de l'amour, et des choix décisifs.
Réalisé par Caroline Poggi et Jonathan Vinel, ce film nous plonge dans la vie de Pablo et Apolline, deux frères et sœurs soudés par leur amour du jeu vidéo Darknoon, qui devient leur échappatoire à un quotidien morne. Leur dynamique est bouleversée lorsque Pablo rencontre Night, un jeune homme mystérieux qu'il initie à ses trafics. Tandis que Pablo s'éloigne d'Apolline, les tensions montent, et une bande rivale menace de tout détruire, sur fond de la fin annoncée de leur jeu préféré.
Les cinéastes Caroline Poggi et Jonathan Vinel, déjà remarqués avec Jessica Forever, reviennent avec un film qui, tout en étant plus narratif, conserve leur signature visuelle et leur goût pour l'hybridation des genres. Eat the Night est à la fois un film sur l’adolescence, la fraternité, et la violence qui découle des choix imposés par un monde parfois impitoyable. La musique de Ssaliva, un compositeur belge, accompagne cette histoire avec une bande-son qui oscille entre douceur et intensité, ajoutant une profondeur émotionnelle à chaque scène.
Le film, présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2024, a déjà conquis la critique par son audace et sa capacité à capturer les angoisses et les espoirs de la jeunesse contemporaine. En alliant une esthétique unique à une narration poignante, Eat the Night se démarque comme un thriller qui va au-delà des conventions, pour offrir une véritable réflexion sur la réalité et la fiction, la vie et le jeu.